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Le 20 juillet 2013, la Compagnie Sacré Théâtre a présenté la dernière pièce du dramaturge Rodrigue Ndong (fondateur de cette troupe théâtrale). Depuis son arrivée au département de Lettres modernes où il enseigne la littérature, le dramaturge a multiplié les rencontres avec la présentation de plusieurs pièces dont L’Ancien testament, Va et meurs deux fois et La Journée du salopard (jouée à l’Université Omar Bongo et au Centre Culturel Français de Libreville).

Pour clore cette saison 2013 qui a vu la présentation de deux pièces, la troupe a offert au public une œuvre de réflexion : Bonaventure. Dans un décor sobre, on apercevait au font de la scène cette phrase de Bernard Menez : « Le travail d’équipe est essentiel. En cas d’erreur ça permet d’accuser quelqu’un d’autre. » Cette phrase a hanté les spectateurs jusqu’à la fin de la pièce. On ne pouvait pas s’empêcher d’osciller entre le premier plan de la scène (où jouaient les acteurs) et le second plan (où jouait à sa manière la pensée de B. Menez).

La Compagnie Sacré Théâtre : sur les planches de l'Université Omar Bongo

Cette double-perception de la scène est l’une des caractéristiques des œuvres du dramaturge et romancier Rodrigue Ndong. Une écriture et un jeu qui intègre à la fois simplicité et profondeur.

Auteur passionné, R. Ndong transmet à des jeunes acteurs sa passion des planches. Perçu avant tout comme un écrivain et un homme de lettres pragmatique, le dramaturge insiste inlassablement sur le lien qu’il faut impérativement établir entre « théorie littéraire » et « pratique littéraire ». C’est ce qu’il montre à travers la publication de plusieurs textes littéraires et la création de la Compagnie sacrée théâtre. Du théâtre au roman, en passant par l’essai, l’auteur s’engage pour un art qu’il souhaite avant tout vivant. D’où, cet investissement permanent dans le milieu universitaire, en faveur d’une pratique régulière de la littérature en générale et du théâtre en particulier.

Bonaventure est une invitation à la réflexion. Une réflexion sur l’état de l’Humanité. Comment réfléchir et pourquoi le faire ? L’être humain n’est-il pas d’abord réflexion ? Une phrase martèle la représentation et maintient le public en haleine : « J’ai une idée. » L’idée n’est-elle pas à la base de toutes les constructions, de nos actions ?

La Compagnie Sacré Théâtre : sur les planches de l'Université Omar Bongo

Que dire de Bonaventure, Marion, Zéméckis et Mbiango ? Quel avenir pour ces ouvriers qui convoque et invoque la réflexion ? Elle devient ici une question de survie. Il faut trouver une « idée ». Le temps presse, le destin et les desseins se forment dans le sombre paysage de la classe ouvrière. L’idée, quelquefois instable, parfois évanescente, qui turlupine l’esprit, semble être la seule issue, la seule porte de sortie, comme cette porte que l’on tambourine pour demander à Bonaventure de sortir. Il faut réfléchir. Le monde ne doit-il pas le faire avant d’agir ?

La Compagnie Sacré Théâtre : sur les planches de l'Université Omar Bongo

Grâce à la Compagnie Sacré Théâtre et la publication de ses textes, R. Ndong a ressuscité un art devenu moribond au Gabon. La création de cette troupe traduit non seulement son amour pour la littérature, mais aussi sa volonté de faire bouger le monde des Lettres.

La Compagnie Sacré Théâtre : sur les planches de l'Université Omar Bongo

Nous ne pouvons terminer cet article sans traduire notre admiration pour ces jeunes acteurs qui ont si bien porté les rôles qui leur étaient attribués. Nos félicitations à Vanessa Onanga (Patronat), Eric Ndzemboro Bengone (Zéméckis), Carmelle Nkare Edou (Marion) et Gaël Kouma (Mbiango). Nos félicitations à tous les membres du bureau de la Compagnie Sacré théâtre.

La Compagnie Sacré Théâtre : sur les planches de l'Université Omar Bongo
Rodrigue Ndong (enseignant à l'Université Omar Bongo, écrivain et dramaturge gabonais)

Rodrigue Ndong (enseignant à l'Université Omar Bongo, écrivain et dramaturge gabonais)

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