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La rentrée des Editions Odem 2011 a eu lieu le 22 Novembre à l’Institut Français du Gabon (ex CCF). Au programme, la présentation de leurs nouveaux auteurs, ainsi que leurs nouvelles orientations. L’événement a commencé  par une série d’entretiens avec les auteurs présents pour la circonstance. Jeunes et moins jeunes composaient le tableau de cette rentrée.

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Pour les plus jeunes, regroupés sous la collection Plumes en herbe, il était surtout question de présenter leur premier texte. La nouvelle collection concerne les auteurs qui commencent leur vie littéraire. Ulrich Mboyi (Ma compagne, l’école), Elisabeth Aworet Nguidjombi (Pourquoi je pleure) et Daniel Derrien Méli Nkoulou (Les Fleurs du bien) ouvrent cette collection avec la publication de leur première œuvre.

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A travers cette Plumes en herbe les Editions Odem donnent aux jeunes talents une chance d’exercer leur plume. Car ils sont non seulement nouveaux dans le champ littéraire, mais aussi très jeunes. Ulrich Mboyi et Elisabeth Aworet Nguidjombi étudient la littérature au département de lettres modernes à l’Université Omar (Gabon). Ma compagne, l’école et Pourquoi je pleure sont le fruit de leur expérience du monde des lettres. Daniel Derrien Méli Nkoulou, aussi étudiant, ne manque pas d’agresser la vision baudelairienne de l’art dans Les Fleurs du bien.  CSC 0104   

Cette aventure des Editions Odem vient résoudre un problème qui fait continuellement obstacle à l’éclosion de la littérature gabonaise : la publication des jeunes talents dépourvus d’argent. On a trop souvent vu des publications à compte d’auteur qui ne valaient pas un clou. Tout se passe comme si l’argent avait donné le droit à quelques riches prétentieux d’être écrivain. Le même phénomène est très présent dans la littérature française du XIXe siècle. Dans Les règles de l’art, Bourdieu met en lumière la subordination du champ littéraire par la classe bourgeoise, qui étale son argent et s’immisce dans le monde de l’art. Aucune littérature ne semble avoir été épargnée par cette forme d’usurpation que les tenants de L’art pour l’art vont combattre. Cette perche lancée par les Editions Odem au Plumes en herbe, enrichit le paysage littéraire gabonais.

 

DSC 0039Le roman d’Ulrich Mboyi (Ma compagne, l’école) vient s’ajouter aux quelques rares textes consacrés à la littérature jeunesse. Une littérature qui brille par son absence, alors qu’elle s’est considérablement imposée dans le monde. Même si nous comptons quelques textes (Le soir autour du feu de Sylvie Ntsame, Rêves d’enfants de Peggy Lidwine Lucie Auleley, Belle enfance de Viviane Magnagna Nguema), la littérature jeunesse demeure squelettique du point de vue quantitative. La littérature gabonaise a besoin d’auteurs qui consacrent leurs écrits à cette littérature comme l’ont fait Lewis Carroll et J.K. Rowling pour ne citer que ceux-là. Comme le souligne Mme Claudine Ntsono Pitty, c’est une littérature qui est plutôt négligée au Gabon. On peut donc espérer que notre romancier continuera à s’illustrer dans cette forme littéraire qui manque à la jeunesse gabonaise.

 

En dehors des Plumes en herbe, les Editions Odem déploient leurs tentacules au-delà des frontières gabonaises. La Publication de  La Sainte ni touche d’Adélaïde Fassinou (Bénin) et Nous autres les humains de Christian SM Mughemuzi (RDC / Afrique du Sud) traduit l’ouverture des Editions. En embrassant les auteurs non gabonais, le comité directeur internationalise Odem. Cette ouverture n’est pas sans danger. C’est un grand défi. Car le milieu de l’édition est bondé de requins aux dents bien acérées. Je n’en dirais pas plus là-dessus, juste vous recommander pour les lecteurs qui le souhaitent Le quartier général du bruit de Christophe Bataille. Une précision cependant, il vous faudra lire entre les lignes et connaitre un tout petit peu le monde des éditions françaises pour comprendre ce roman qui traite de l’édition en France. Toute aventure a ses périls. Le Gabon a plus que jamais besoin d’une visibilité internationale. Cette aventure est donc la bienvenue.

 

rech.Jusque-là, le comité avait concentré ses activités autour de la littérature. Avec la rentrée 2011, il publie désormais les autres disciplines : la linguistique avec Aspects Phonologiques du Wumvu de Malinga de Jean-Paul Rekanga et l’archéologie avec Recherches Archéologiques dans la Nyanga de Martial Matoumba. Deux textes qui confèrent aux éditions un caractère transdisciplinaire.                

 

Le destin de Doussala de Maurice Okoumba Nkoghe ; Tant qu’il y aura des rêves de Pélagie Ntsame Obame ; La chute de Padouk de Elie Elisabethe ; Va et meurs deux fois de Rodrigue Ndong complète le tableau de cette rentrée littéraire.

 

De nombreux invités étaient au programme. Une surprise a plongé la salle dans l’émerveillement : la déclamation de Ferdinand Allogho-Oke qui a soulevé les acclamations du public. Le poète a distillé dans la salle son Vitriol Bantu. Il est difficile de rencontrer des poètes qui déversent avec autant d’émotion leurs vers. De même qu’il est rare de rencontrer des poètes qui ont la carrure de F. Allogho-Oke. J’ai souvent eu la désagréable surprise de me retrouver en face de soi-disant poètes qui étaient incapables de réciter entièrement trois poèmes sans manipuler avec inquiétude leur recueil. C’est la raison pour la laquelle F. Allogho-Oke demeure un poète atypique.

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Un seul regret dans cette rentrée : le programme n’est pas allé à son terme. Les « jeux » qui avaient été annoncés n’ont pas eu lieu. Les débats et la prestation de F. Allogho-Oke ont heureusement permis de pallier cette omission.

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On assiste à un véritable réveil des éditions gabonaises. C’est un départ. Car, il reste encore beaucoup à faire. Il faut souhaiter  l’établissement d’une véritable connexion entre les acteurs de ce champ littéraire (écrivains, lecteurs, maisons d’édition, libraires, institutions littéraires UDEG, imprimeries). 

 

Copyright© 2011. Arnaud N’ZASSY. Tous droits réservés !

  

Rentrée des Editions Odem 2011: les écrivains gabonais et étrangers à l'honneur

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